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mercredi 31 août 2011

Le mystère des 11 Tim Tam enfin dévoilé

L'Australie ne possède pas, gastronomiquement parlant d'un met qui fait sa réputation outre-mer ni même chez eux. Le plat national est peut-être bien le barbecue alors que le kangourou reste une viande marginale pas si apprécie que ça et le koala reste protégé…

Deux denrées néanmoins font la fierté des Australiens : le Vegimite et les Tim Tam. Le premier est une pâte à tartiner salée à base de levure de bière bourrée en vitamine B1 à la saveur très… particulière. C'est l'équivalent du Marmite anglais ou de notre Cenovis national dont le résultat gustatif est le même : soit on adore (mais il faut être tombé dedans étant petit), soit on déteste (pour la majorité des profanes).

Le second produit fera plus vraisemblablement l'unanimité. Les Tim Tam sont un délicieux biscuit au chocolat au coeur crémeux et à l'enrobage savoureux. Ses saveurs se déclinent, entre autres, au chocolat noir, blanc, caramel, crush honeycomb, chocolat à la mente,... bien que les originaux restent inimitables. Les gens qui y goûtent en tombent souvent accro quitte à plomber le budget alimentation.

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Les inimités Tim Tam Original

Lorsque Valentin m'a rejoint en Tasmanie, il est lui-aussi tombé dans le piège du croustillant chocolaté. Et c'est de là que se base la trame du présent récit.
Alors qu'on co-rédigeait nos fabuleuses aventures chez Tassie en dégustant une bouteille de rhum Bundaberg (tiens, une autre fierté locale) avec un paquet de Tim Tam Rhum Raisin, Valentin lança entre deux gorgées : "Les Australiens sont quand même les seuls blaireaux à vendre des biscuits par paquet de 11, un nombre premier". (ndlr : et donc indivisible équitablement et sans faire de miettes sauf si on est 1 ou 11 convives)
Saisi d'un doute, je compte le nombre de biscuits. Neuf unités. Deuxième comptage. Neuf unités. Je ne me fait pas prier pour vilainement me moquer du Diplôme d'Ingénieur EPF en Science des Matériaux du Valonneux.
Pourtant sûr de son fait, il s'en va chercher le paquet de Tim Tam Double Coat, qui, malheureusement pour sa pomme, ne recèle que 9 biscuits (qui n'est pas un nombre pair pour autant). Maigre consolation pour Valentin qui torche alors la bouteille de rhum.

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Non Valentin, ceci est du Nutino
Cependant l'histoire ne s'arrête pas là. Un mois plus tard je raconte l'anecdote à Alon, un Israëlien qui fait un bout de route avec moi, et il me dit que Oui, les boîtes de 11 Tim Tam existent. Mais seulement pour les Tim Tam Original. Les autres, ils t'entubent de deux biscuits. Un pan du voile était tombé...
Alors j'ai continué mon enquête, vérifiant minutieusement chaque paquet de Tim Tam après l'autre.

Il s'avère finalement que Valentin n'avait pas tout faux : Seuls les Tim Tam Original et Tim Tam Dark Chocolate contiennent 11 pièces. Et 9 pour les autres hormis les Tim Tam Crush aux morceaux de miel et nougats, qui en a huit.
Sauf que ! Sauf que tous les paquets font 200g qu'ils aient 9 ou 11 pièces !

Voila Valentin, une surprenante révélation sur le secret le mieux gardé d'Australie pour ton Anniversaire ! Et un paquet spécial en cadeau pour que tu puisses tremper le biscuit.. dans le cappuccino.


Reggie pour Valonneux

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Des Tim Tam d'anniversaire rien que pour toi

mercredi 24 août 2011

Voyager en van - Plus qu'un fourgon, plus qu'une maison : un véritable compagnon.

La première fois que je l'ai vu, dans un quartier branché de Brisbane, il était rutilant, d'un blanc crème immaculé et paraissait même trop neuf pour être un campervan australien. Même les pneus brillaient et pas une poussière ne trainait sur le tableau de bord. Tellement propre et vide qu'il en semblait austère et sans âme, à des lieues d'un combi VW aux couleurs arc-en-ciel avec des fleurs hippies sur la calandre.
Mais alors, qu'est ce qu'y m'a poussé à l'acheter, lui le White Wombat, au détriment d'un autre van à l'allure plus avenante ? Car il était bien 6 à 8 ans plus jeune que les autres véhicules visités et surtout il possédait le Safety Certificate : ce bout de papier vous certifie que le véhicule est en bon état et passe l'expertise. Je me suis dit que je voulais essayer d'éviter de tomber en panne dans l'Outback ou tout autre coin paumé.

J45 / Thème libre : Ennuis mécaniques ?
Comme quelque chose qui tourne pas rond avec ce véhicule
Les précédents propriétaires, un couple -début trentaine débonnaire- s'en allaient en Nouvelle-Zélande et me l'ont cédé pour 4000$. Le Toyota Townace affichait 286'000km et des poussières (au compteur,  j'ai dit), un épais king-size bed à l'arrière, quelques accessoires de cuisine, un extincteur, un nécessaire de snorkeling et les CD laissés par les prédécesseurs allemands : des compiles oscillants entre Benny Benassi et du bon rock teuton. Avec ça j'étais sûr de pouvoir sereinement tailler les vastes étendues australiennes : Sydney, Melbourne, Tasmanie avant de traverser l'Outback jusqu'à Darwin et peut-être même pousser jusqu'à Perth. Une folle épopée en perspective !

J34 / Auto-portrait : En route pour Perth
Perth ? Oui ben oui c'est tout de l'autre côté
Gary, l'allure surfeur de la Gold Coast, m'a aidé à remplir les papiers du transfert. Vérification du passeport, carte de crédit et une adresse magouillée plus tard, le véhicule était à mon nom. J'ai acheté un peu de vaisselle supplémentaire et j'ai filé en bord de plage cuisiner mon premier morceau de poulet sur le réchaud à gaz portatif.
Un plein plus tard (1.399$ le litre), je filais au sud avec du Jack Johnson dans la sono avec pour but d'acheter un chapeau qui me donnerait bonne allure dans le White Wombat, ce surnom laissé par Gary.

Au milieu de la forêt d'eucalyptus, renmplie de moustiques
Vous êtes sur que c'est sûr ?
Le premier signe avant coureur de problèmes fut quand j'eu peine à démarrer après une nuit sauvage dans une forêt d'eucalyptus. Sauvage dans le sens que je suis pas sur que c'était autorisé, pas dans le sens que j'ai embarqué une auto-stoppeuse nymphomane. Je te connais, c'est pour ça que je précise.
L'origine, donc, du démarrage difficile, ne pouvait pas être la batterie, elle n'avait que six mois et elle lançait bien. C'était plutôt un CLIC lorsque je tournais le contact, ensuite il fallait plusieurs essais pour démarrer.
Et puis j'ai rallié Sydney sans plus m'en inquiéter.
Ce ne fut seulement que lorsque je suis parti pour Melbourne et que j'ai du faire plusieurs fois le plein d'huile et, pire, le plein de liquide de refroidissement que j'ai commencé à me dire qu'un boulon tournait hexagonal.
C'est donc avec un bidon supplémentaire d'huile et de coolant qu'on a mis le Wombat sur le ferry en direction de la Tasmanie, Valentin m'ayant rejoint entre-temps pour la plus grande île au sud de l'Australie. L'Australie étant toujours la plus grande île au Nord de la Tasmanie.

Bientôt au campement copain
Valonneux en Tasmanie
C'est sur cette île froide et pluvieuse que le WombatMobil nous a fait quelques belles crasses, le plein de coolant devant se faire en même temps que le plein d'essence et les allumages difficiles fréquents. Mais le pire est quand même survenu en revenant d'une excursion sur deux jours aux Walls of Jerusalem, une montagne qui nous a vu nous éveillé sous la neige un automne de fin mars.
Le van n'a pas voulu redémarrer. Pour de bon, et c'était plutôt mauvais.

Walls of Jerusalem, petit matin, 0°C
The Walls of Jerusalem, de quoi renouveller sa foi lors d'une panne au milieu de rien
Moment d'angoisse : on se trouvait au bout de 20km de route non goudronnée, isolé dans un Parc National, presque plus de prévisions, un froid de canard et pas grand monde dans les parages… Paysage posé.
On a commencé par refaire le plein d'huile, de coolant et on a même fini par gratter les contacts corrodés de la batterie. Rien n'y fait, le van ne produit que le hinhinhinhinhin du démarreur qui tire sur la batterie. Comme je me sentais désappointé d'avoir entrainé Val dans cette galère! Même si lui le prenait avec philosophie (c'est vrai,  ça lui changeait du boulot).
Lorsque je commençais à perdre espoir de pouvoir partir avant la nuit, un local qui devait être le neveu du Père Noël a débarqué. Profitant de la descente, on a fini par le démarrer en push-start après une demi-douzaine d'essais.
20km plus loin on mettait les 5l du jerrican de réserve sans quoi on ne serait pas arrivé à la prochaine pompe.

Trois jours après, on a profité d'une autre petite rando (7jours, 85km les pieds mouillés ; récit ici) pour laisser le van à un garagiste d'Hobart. Un gros service plus tard qui m'a couté un rein, le White WombatMobil était à nouveau d'attaque !

The White Wombat_
Le White Wombat qui flash !
Un campervan en Australie, c'est bien plus qu'un véhicule : c'est aussi son logement, je dors mieux dedans que dans n'importe quelle auberge de jeunesse.
Un campervan en Australie, c'est bien plus qu'un véhicule : c'est aussi sa cuisine ; poulet au curry, crêpes, burger de kangourou, tartines de nutella et café du matin, tout y passe.

My typical breakfast
Un p'tit déj standard en Road trip
Un campervan en Australie, c'est bien plus qu'un véhicule : c'est aussi un lieu sécurisant, sa bulle où on est tranquille.
Un campervan en Australie, c'est bien plus qu'un véhicule : c'est aussi un karaoké depuis que j'ai acheté un transmetteur FM pour y brancher mon iPod.
Un campervan en Australie, c'est bien plus qu'un véhicule : c'est aussi sa garde-robe, avec les caleçons qui sèchent en travers de l'habitacle.
Un campervan en Australie, c'est bien plus qu'un véhicule : ça donne aussi un statut social de backpacker bobo.

Internet en voyage // Comment rester connecté
Reggie the Hobo and his MacBook Pro
On passe beaucoup de temps dans et avec son van. Jamais bien loin, il délimite et conditionne tout notre voyage, on lui parle et on lie une complicité bien sur. C'est probablement pour toutes ces raisons que ces véhicules sont baptisés par leurs propriétaires, avec des noms tels que Bernard, Kangouroule ou Boby-Yo.
Et un campervan ça a aussi une âme. Et ça aime faire des farces. Je me rappèle de la fois où on enfourne les provisions dans le coffre et je lance au Valonneux "Mais je me suis parqué là?" avant de s'apercevoir que le Wombat a profité de la déclivité pour s'avancer de 10m. Jusqu'à providentiellement s'arrêter dans la rigole au milieu du parking.
Ou de la fois où on s'est embourbé dans du sable meuble. C'est comme ça que je me suis rendu compte que c'était un propulsion.
Ou de la fois, enfin, les fois, où j'ai laissé les clés à l'intérieur. Heureusement qu'il y avait une "astuce" pour ouvrir le coffre.
Je crois que le seul ennui jamais essuyé fut de changer une roue…

2011.06.27_Pinnacles-29
Le Wombat dans les Pinnacles
Au final, j'aurais conduit 19'466km en 4 mois et demi, passé des heures le cul derrière le volant, le paysage défilant.

Je ne dénombre pas les nuées de moustiques et moucherons collés à la carrosserie, bien que je n'aime pas percuter plus gros que ça. Comme la fois où j'ai fait à Claudia, ma passagère mexicaine :

- Look ! A bunny !
- Where ? Where ?!
*Klunk*klunk* - double craquement du lapin sous les firestone
- Euh, maybe forget about it, ok ?

Je suis aussi malheureux pour les libellules, papillons et même les robustes criquets qui font un gros BONG, carapace contre carrosserie.

J53 / Thème libre : L'invasion de sauterelles
Les criquets qui font BONG
Mais le pire ce sont les oiseaux et les kangourous.
Une fois j'ai failli provoquer un accident, lorsqu'une 50ène de kakadus, des perroquets blancs à la crête couleur citron ont commencé à décoller en travers de la route. J'ai commencé à ralentir, sans me préoccuper des copains qui me suivaient dans leur wicked campervan. Le détail ? Ils se faisaient coller le train par une énorme bétonneuse. Celle-ci a laissé un nuage de gomme en écrasant le frein, ce qui a fait s'exclamer mon passager Nicolas "oh putain, oh putain". Concentré sur les perroquets et un autre road train arrivant en face, ne sachant pas ce qu'avait vu Nicolas, genre un kangourou que sais-je?, j'ai freiné encore plus… Les copains derrière ont cru finir dans un sandwich de tôle en ne voyant plus que les phares du poids lourd dans la lunette arrière.

2011.07.08_Perth-4
Une route avec du trafic. Ca change de l'outback
Karma ne m'a pourtant pas récompensé pour avoir épargné les perroquets, un mois après un volatile a fini par s'écraser le bec, réduisant le phare en étoile. Mon passager à l'humour noir m'a sorti de son ton le plus sérieux I think they play a game : The last who cross the road gets killed. Et malheureusement ils sont plutôt joueurs. Je n'aime pas voir les plumes voltiger après l'impact.

Welcome to Glendambo
Euh vous auriez pas par hasard des glaces pistaches ici ?
Au fur et à mesure que je m'enfonçais dans l'Outback, j'ai vu le prix de l'essence grimper. Grimper. Grimper. Les pompes se faisaient plus distantes aussi, il était courant de conduire 200km sans en croiser une. Sans croiser grand monde tout court en fait.
Le plus cher que j'ai payé, ce fut $2.12 le litre !! Dans ce genre d'endroit, quand tu demandes si tu peux prendre une douche au camping adjacent, ils te répondent : C'est $25, mais à ce prix-là t'as le droit d'y passer la nuit et profiter de la piscine.
A ce tarif, tu utilises ta douche solaire et tu regardes ta carte : combien de kilomètres te séparent de la prochaine station essence.
Calcul fait, j'ai mis 5l dans le réservoir. Arrivé à la station suivante, un joli panneau déclinait ces lettres, mot pour mot : NO FUEL. Cool. Super.
Heureusement que j'étais en conduite économique et que le plat pays m'a permis de rallier le poste de ravitaillement suivant.

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En panne ? Je m'en fous j'ai mes tongs
Dans des endroits comme ça, tu ne veux pas tomber en panne. D'ailleurs, entre les carcasses de vaches et de kangourous, tu trouvais des épaves, calcinées pour la plupart. Des gens qui n'ont pas pu payer le remorquage.
Moi, j'ai souscris à une Road Side Assistance dans une Royal Automobil Club: pour environ $140, ils viennent te dépanner gratuitement n'importe où. Bon pour cela il aurait fallu trouver un téléphone avant. Heureusement, je n'en ai jamais eu besoin.

J'ai acheté un van, 850'000km, 4 roues, plein de matos dans le coffre et sur le toit, une sacrée affaire !
Mmmh, il me plait bien mais je vais réfléchir encore
J'ai toujours essayé de prendre bien soin de WWM, mais il arrive parfois que tu doives emprunter une route non goudronnée pour pouvoir te rendre dans un lieu particulier. Certaines routes sont dans un état pitoyable, pareil que de rouler sur de la tôle ondulée, mettant les suspensions au supplice et les nerfs en pelote. Sur parfois 50km, et c'est que l'allé. Mordez votre brosse à dents électrique pendant 1h pour voir.

2011.06.24_Kalbarri-48
T'as déjà mordu ta brosse à dents électrique ?
Deux solutions, soit rouler touuuut douceeeement ou alors très vite. Très vite, genre 80km/h, on vole sur les bosses avec pour conséquence moins d'adhérence, bonjour les drifts. Et il faut éviter les gros nids de poule et de devoir freiner brutalement. Si tu freines, tu comprimes les amortisseurs et c'est encore pire.
J'ai détesté ces routes, dans ces moments j'aurais voulu avoir acheté un 4x4. Mais à chaque fois au bout il y avait une récompense, comme la chute d'eau et les bassins de Gunlom dans Kakadu, des gorges magnifiques aux Karijini, the Natural Window à Kalbarri ou encore the Pinnacles.

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Les nuits peuvent être... fraiches, même dans le désert.
Le plus gros défi, au final, aura été de revendre mon fidèle destrier dans l'hivers de Perth. Un vrai casse-tête, avec des annonces sur gumtree ainsi que dans une 20ène de de backpackers à 30km à la ronde. Moi qui espérait en tirer un bon prix et le vendre en deux jours… En deux semaines j'ai baissé deux fois le prix et 3 jours avant mon vol pour quitter le pays, je l'avais toujours sur les bras.

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Deux semaines de galère
Je l'ai vendu la veille de partir, à un couple d'Allemands. Quel soulagement, j'en avais des nuits blanches.

Mais si c'était à refaire, j'aurais refait exactement pareil. Parce qu'un van en Australie, it's worth it.

R_

J55 / Détail du quotidien : Les levers du soleil dans le van
WWM, tu me manques...

vendredi 15 juillet 2011

Comment sauvegarder ses photos en lieu sûr lors d'un (long) voyage

Avant d'entamer mon périple long de 11 mois, je me suis demandé comment je pourrais garder mes photos en sûreté. Pour cela, j'ai acheté Pogoplug. Ce petit boitier au rose criard permet de faire la liaison entre un disque dur externe (DDE) et la toile internet de manière sécurisée. Cela veut dire que je peux accéder en lecture et écrire à mes fichiers stockés sur un Disque Dur physiquement "à la maison" depuis n'importe quelle liaison internet dans le monde. iPhone compris.


L'idée était bonne, mais en pratique je me suis rendu compte que 260Gb de photos en format RAW ça passe mal par les mailles cybernétiques. Trop lent et trop volumineux sont les deux adjectifs à attribuer à cet échec.

Alors je me suis rabattu sur une solution plus Old School : stockage des images sur un DDE qu'on envoie à la maison par colis. C'est la seconde fois que je réalise l'opération. La première en rentrant de Nouvelle-Zélande en Australie, la seconde, hier, avant de partir pour l'Indonésie. Où je fais quand même moins confiance quant à la sûreté de mon matériel.

Comment sauvegarder ses images lors d'un (long) voyage

Hier donc, j'ai acheté le plus petit DDE disponible, soit 500Gb pour $74 chez Dick Smith, une grande enseigne locale. Il faut savoir que je stocke mes photographies sur un DDE de 1To, habituellement collé avec un velcro au dos de l'écran.
 Je sais je devrais faire une copie déjà sur le disque dur du MacBook. Donc pour commencer : ne faites pas comme moi, sauvez sur le Disc Dur du laptop et un DDE.
Toujours est-il que sauver mes images sur un DDE m'a sauvé lorsque la machine a crashé à Melbourne. Lire ici l'article sur l'exaspérant SAV Apple mais comment j'ai tout récupéré avec TimeMachine.

Voici un court tutoriel sur comment sauvegarder ses images sur un Disque Dur Externe avec Lightroom.

Si vous possédez un Mac, il y a bien des chances que vous devez commencer par formater le disque dur. Allez dans le Finder, Applications, Utilitaires, Utilitaires du Disque. Ma machine est en anglais, si mes traductions sont approximatives, suivez les images :
Ensuite sélectionnez le Disque Dur que vous voulez formater. Ne vous trompez pas, c'est celui qui est normalement vide. Choisissez un nom et dans quel format configurer le volume : choisissez MS-DOS (FAT) si vous voulez puvoir utiliser le DDE sur un PC, Mac OS Etendu (journalisé) pour Mac uniquement.
Cliquer finalement sur effacer pour avoir un volume tout neuf !
Si vous voulez simplement copier vos images, faites un glisser-déposer.
Mais si vous travaillez avec Lightroom, voici comment procéder bien plus efficacement:

Ouvrons Lightroom, j'ai décidé de sauvegarder tout mon catalogue 2011 : 6218 photos
Une fois le ou les dossiers que vous voulez copier sélectionnés, allez dans fichier, Exporter en tant que Catalogue. (je sais mon LR aussi est en anglais)
Sélectionnez l'emplacement sur lequel vous voulez copier vos images (le DDE), baptisez le dossier de destination puis cliquez sur Exporter le catalogue
Ensuite, c'est là que ça va prendre du temps. Il m'a fallu presque 2h pour copier 150Gb. Peut-être que de copier d'un DDE à un autre DDE n'a pas aidé à la cadence, mais je n'imagine pas transférer tout ça online.
Et voila le travail : votre catalogue sauvegardé avec le développement, les mots-clés, les annotations, les copies virtuelles, everything. Gilles Theophile serait fier de moi :)
Le jour où il vous faudra récupérer un catalogue, faites le chemin inverse : fichier, importer depuis un Catalogue. Vous connaissez la combine maintenant :)
En attendant, il ne vous reste plus qu'à envoyer le Disque Dur à un proche, en recommandé de préférence.

Et vous, quelle est votre façon d'assurer la pérennité de vos images ?
Occasionnellement, j'utilise Picasa web pour sauvegarder les jpg en moyenne résolution.

R_


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Utiliser Lightroom

mercredi 6 juillet 2011

Internet en voyage - comment rester connecté

De nos jours, rare sont les quelques bourlingueurs à voyager sans skyper leur petite amie, envoyer un mail aux parents et uploader quelques images sur facebook. Pour les autre, traverser le monde en restant connecté n'est pas un luxe mais est devenu une presque nécessité.
Les raisons -valables- ne manquent pas : emails, Skype, Facebook, e-ticket, réservations online, météo, itinéraires, couchsurfing, actualité, galerie photos en ligne, etc.
Je ferais l'impasse sur les prétextes superflus comme les jeux addictifs, les vidéos débiles, les séries en streaming, le porno ou toute autre activité virtuelle accessoire mais plus ou moins indispensable.

Il existe trois manières pour surfer sur le cyber-espace hors de la maison :

1. Profiter des ordinateurs publiques
La première solution est d'utiliser les stations à disposition, par exemple dans les cyber-cafés, les backpackers, et quelques lieux publiques comme les bibliothèques, aéroports, offices de tourisme ou même supermarchés. En Australie et Nouvelle-Zélande, il est relativement aisé de trouver un périphérique pour se connecter, mais parfois le matériel est désuet ou en mauvais état. A ajouter le prix relativement cher (compter 4 à 10 AU$ par heure) et la connexion pas toujours rapide.
Un autre inconvénient est de devoir s'identifier sur chaque compte, de se rappeler chaque adresse et d'avoir ses fichiers ou ses photos sur une clé USB.
Ici l'astuce pour se connecter à bon marché est que certaines agences de tourisme comme www.tribaltravel.com.au , www.peterpans.com ou www.oztravelbugs.com , présents dans chaque coin touristique, offre 20 à 30 minutes gratuites quotidiennes pour leurs visiteurs.

2011.02.04_Southland-17

2. Voyager avec son laptop
Une autre solution est de voyager avec son propre laptop ou netbook. A vue d'oeil, sur la côte est australienne, presque 50% des packpackers voyage avec son propre petit ordinateur. L'inconvénient est la place que ça prend, le poids que ça pèse et qu'il y a toujours le risque de se le faire dérober. Néanmoins rare sont les fois où je ne me suis pas senti assez en confiance pour laisser des valeurs dans le dortoir, auquel cas on les sécurisera dans un casier ou auprès de la réception.

2.1 Le wifi, ces ondes magiques
Ce n'est pas tout de posséder la machine, il faut encore trouver du wifi, ce qui est facile dans tout lieu touristique. Des fournisseurs comme Global Gossip en Australie permettent de se connecter dans des centaines de backpacks et cybercafés. La connexion se paye soit par quart-d'heure ou soit en choisissant un forfait journalier, hebdomadaire ou mensuel. Attention aux fournisseurs qui fixent une limite de temps, de data ou les deux en même temps (je déteste ça), ceux qui créditent par tranche minutée et vérifiez s'il est possible de se déconnecter et reconnecter sans perdre son crédit.
Trouver du wifi gratuit est moins facile, mais il est toujours bon d'essayer dans les établissements publiques comme les bibliothèques, écoles, musées, aéroports et les Apple Store. Autrement, le MacDonald et les Starbucks restent une valeur sûre malgré parfois un débit escargotesque. Mon astuce préférée reste cependant de dégoter un café cosy qui octroie généreusement le wifi : pour 4$, vous aurez un cappuccino et 1h à 1h30 d'internet (selon l'humeur de la patronne). Simple, essayez de spoter d'autres utilisateurs à la terrasse derrière un clavier.

Modem USB // Internet en voyage

2.2 Modem USB
Pour ceux qui ne veulent pas dépendre d'un hotspot wifi, il reste la solution du modem sous forme de clé USB. La plupart des compagnies téléphones proposent des plans prépayés, néanmoins le surf se paye par jour ou par limite de données. Il faudra se méfier de la durée de validité du crédit (entre 30 et 100 jours généralement) ainsi que la méthode de facturation des données : par tranche de 10Mb, c'est de l'arnaque !
Cette solution conviendra pour quelqu'un loin des accès wifi mais peut se révéler pratique : pas besoin d'attendre les heures d'ouverture, et possibilité de se connecter dans les lieux les plus improbable. Dans un parc au centre ville, dans la voiture, un café, peu importe l'environnement tant qu'il y a de la couverture réseau.

3. Smartphones et consorts
Mon iPod Touch est devenu un compagnon indispensable, notamment pour sa capacité à se connecter au wifi, relever les mails ou son application Maps (qui ne m'empêche pas de me perdre, mais permet de me retrouver). Ceux qui craignent ou ne veulent pas s'encombrer d'un notebook peuvent toujours surfer avec un smartphone ou un iPod Touch. Je mettrais les possesseurs d'iPad dans le même panier, bien qu'ils restent (encore?) rare chez les backpackers. Le consommateur de données sur mobile se trouvera bien souvent derrière un McFlurry, dans un Apple Store ou partout ailleurs grâce à la 3G.
Solution de dépannage, le confort d'utilisation n'est pas la première qualité de ces petits appareils, néanmoins leur format passe-partout et leur pluridisciplinarité (internet n'étant qu'une fonction parmi d'autres) ont font un allié remarquable pour une utilisation ponctuelle.

Voyager avec un iPod // Comment rester connecter

A présent, à chaque voyageur de trouver la ou les solutions qui lui correspondent le mieux, en fonction de la nature du voyage, de la destination et de la façon de voyager.
Lorsque je voyageais en bus, je me connectais souvent le soir en auberge de jeunesse sur le wifi à disposition. Depuis que j'ai acheté un van, j'ai dans un premier temps été un client régulier des cappuccinos dans les McDonald et des bibliothèques mais à présent que j'ai une clé 3G, je ne pourrais plus m'en passer. J'ai pu me connecter en bord de plage, au pied d'Uluru et ce à toute heure, tant que je suis dans la couverture réseau de mon fournisseur d'accès.

Par ailleurs, si vous connaissez d'autres moyens de se connecter pour pas cher, n'hésitez pas à partager vos astuces.

R_

Internet en voyage // Comment rester connecté

samedi 11 juin 2011

Northern Territory : Des termitières grosses comme les crocos

Je vous avais laissé à Alice Springs, la plus grande ville de l'Outback et première cité rencontrée du Northern Territory. La bas, j'ai embarqué Innes dans le van, une anthropologue jamaïcaine travaillant avec la communauté aborigène locale. Je vous avais dit combien je me sentais désemparé en voyant les indigènes errer dans la rue et grâce à Innes j'ai pu en apprendre un peu plus. Il fut un temps pas si éloigné où les Aborigènes étaient interdit en ville après 19h, exploités dans les fermes ou délogé de leur terre ancestrale pour élever du bétail à la place, privés de droits et non-considérés comme égaux face aux occidentaux. Ce qui a abouti en alcoolisme et violence domestique tout comme avec les Amérindiens. Innes s'occupe d'un programme d'activités extra-scolaire pour aider les jeunes Aborigènes à faire leurs devoirs, s'amuser et développer leurs capacités et leur confiance en eux, notamment au travers de la musique ou de la jonglerie.
C'est en bavardant que nous avons parcouru 1200km jusqu'à Katherine, en passant par les pittoresques Devils Marbles.

J23 / Lifestyle : The Grey Nomads
Camping au Devils Marbles

De là, je me suis rendu au Parc National de Litchfield, une centaine de kilomètres au Sud de Darwin. Le parc s'est rendu fameux pour ses termitières magnétiques et ses bassins sans croco (dépend de la saison et du tour de cuisse des baigneurs) au pied de chutes d'eau digne de pub Ushuaia. Non, il n'est pas possible de décorer les termitières magnétiques d'aimants comme sur la porte du frigo. Si on les appelle ainsi c'est parce que les petites bêbêtes ont construit leur demeure alignée suivant un axe Nord-Sud afin de thermoréguler l'intérieur en fonction du vent et du soleil. On dirait un vieux cimetière aux tombes croulantes.

J26 / Thème libre : Les Termitières Magnétiques
Les termitières magnétiques du Litchfield

Les termitières sont hautes d'environ 1m50, ce qui n'est rien comparé à un autre type de termites qui façonnent leur dôme culminant jusqu'à 6m ! De quoi se sentir petit à côté de ces insectes ! (Est-ce que ce sont des insectes ? Détrompez-moi)
Bien que le parc vaut le détour, je me suis senti un peu patraque ce jour-là. Je pense que c'était le contre-coup d'Uluru et Kings Canyon ainsi que 3 jours à rouler plein pot sur une route sans virage. C'est ça de réaliser ses rêves, mais comme m'a dit mon papa, l'important est de toujours en avoir de nouveaux.

Enfin, je suis rentré dans ma bonne humeur habituelle en arrivant à Darwin et retrouvant les Français Anne-So et Guillaume avec qui je voyage depuis Port Augusta ainsi que Nicolas, le vigneron de Bourgogne.
Darwin n'est pas grand mais c'est ici que j'ai été le plus impressionné par les souvenirs que l'on peut trouver, entre cuir de croco décliné en ceinture, porte-feuille ou sac à main et peintures aborigènes authentiques et certifiées.

Deux jours plus tard, nous avons fait route pour le connu et reconnu Kakadu National Park qui s'illustre au Patrimoine Mondial de l'UNESCO pour sa valeur naturelle et culturelle, avec des peintures rupestres aborigènes vieilles de 20 à 50'000 ans ! Les Pharaons n'avaient pas érigés leurs pyramides que les Aborigènes peignaient déjà des thylacines (aussi appelé diable de Tasmanie) et autres bricoles sur les murs.

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Art aborigène à Ubirr, Kakadu National Park

Aujourd'hui le parc est conjointement géré entre le Gouvernement Australien et les Indigènes, avec une entrée du parc à 25$ et des douches à chaque camping principal (10$ la nuit). Mais le parc vaut clairement une visite sur 3-4 jours, et même plus si vous avez un 4x4. L'attraction la plus célèbre est probablement Jim Jim Falls, une vertigineuse chute d'eau seulement accessible pendant la Dry, la saison sèche. Et cette année la Wet fut tellement wet que le chemin accessible uniquement en tout terrain restait impraticable début juin…
Néanmoins il reste de superbes endroits à visiter comme Ubirr dans l'East Alligator Region qui recueille des joyaux d'art rupestre comme la photo d'avant ou le lookout avec vue sur une plaine inondée pendant la Wet.

J30 / La Carte Postale : Kakadu NP
Couché de soleil sur la Nadab floodplain

Mais pour moi le site qui fait la différence se trouve à Gunlom. Après 37km d'une affreuse route gravillonnée qui voulait mettre le Wombat en charpie et mes nerfs en pelote se trouve une jolie chute d'eau d'une soixantaine de mètres. Le profond bassin formé à ses pieds recueille les baigneurs qui n'ont pas peur de faire face à un saltwater crocodile. Ces dangereuses bestioles pouvant atteindre 7m s'illustrent pour leur agressivité et contrairement à ce que fait penser leur nom, ces crocodiles des estuaires (l'autre nom donné) nage aussi bien dans les embouchures d'eau salée que les criques et billabongs de tout le nord de l'Australie, Sud-Est Asiatique et Inde. Et je vous assure que nager dans une eau verte qui vire bien sombre dans sa partie profonde fout les jetons. Tout mauvais nageur que je suis, j'ai pris le paris qu'avec la 50ène de baigneur quotidien (à vue de nez) qu'abrite Gunlom, ça aurait été pas de bol qu'un Saltie soit venu pendant la nuit, évité les pièges et qu'il ait faim juste à ce moment-là.

J29 / Thème libre : les crocodiles
Un bébé "saltie" (dans un aquarium)

Mais c'est tout de même avec bonheur et délectation que je suis sorti intact de l'eau avant de grimper à un des plus bel endroit du parc : le sommet de la chute d'eau. Après un petit kilomètre d'escalade, la rivière, avant de se jeter dans le vide, à creusé de jolis bassins (sans croco) qui forme comme des jacuzzis valant des millions avec une fabuleuse vue sur le contre-bas. L'eau délasse et la vue régale.

J33 / Scène de vie : Baignade à Gunlom
Le haut de la chute d'eau de Gunlom : bassins naturels et vue sans prix.

Si vous avez des sous à dépenser, quelques activités valent la peine comme un tour en avion en-dessus des Jim Jim Falls, une croisière pour voir les crocodiles sur la Yellow Water, acheter des souvenirs à la galerie de Warradjan Aboriginal Culural Centre ou, comme j'ai fait, un tour de nuit sur un billabong. Comme je ne me suis pas fait mordre et qu'aucun crocodile n'ai voulu pointer le bout de son museau, il a bien fallu payer pour les voir quelque part. On s'est donc rendu à Muirella avec les Français pour 3h d'activité avec la communauté locale, entre culture indigène, jet de lance, souffler dans un didgeridoo et pour finir, un tour en bateau à fond plat dans le billabong du coin. Notre guide aborigène était muni d'une grosse torche et pointait tout ce qui était digne d'intérêt.

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Tour de nuit dans un billabong, à la recherche des crocos.

On y a surtout vu des oiseaux qui dormaient dans les arbres, mais pour finir un crocodile, un saltie, un vrai (enfin, on a peut-être pas vu la ficelle qui le tirait) ! Un petit de 3m, mais on a fini par en voir un dans la nature ! Avec les yeux qui luisent et son long museau !

Après Kakadu, j'ai du faire mes adieux aux Français qui vont rallier la côte Est à bord de leur wicked tandis que moi je suis parti complètement à l'Ouest. J'espère que tout se passe bien pour eux, avec la direction qui tremble, les pneus usés à la corde et les autres fantaisies fournies par la plus populaire location de van en Australie.
Pour ma part, le Wombat a fièrement rallié les 300'000km d'existence et se porte toujours comme un charme.

J36 / Détail du quotidien : 300'000km, un score normal pour un van australien
300'000km, un score normal pour un van australien.

J'ai donc franchi la frontière du Western Australia, avec contrôle de quarantaine qui interdit l'importation de tout fruit, légume et même miel provenant d'un autre état (si un douanier me lit, j'ai fraudé une demi-gousse d'ail dans le rouleau de papier d'alu). Et soustrayez une heure et demi de moins au cadran. Hé oui, c'était agréable dans le NT, mais dans le WA le soleil se couche de nouveau à 17h. Foutus Aussies.

Allez, Perth n'est qu'à 4000km en ligne directe, fin du voyage Down Under dans un mois.

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J34 / Auto-portrait : En route pour Perth

jeudi 26 mai 2011

Dans l'Outback le long de la Stuart Hwy

Alors que s'est-il passé depuis que j'ai quitté les Grampians et l'état du Victoria ? Hé bien ça y est, je suis dans l'Outback, le Red Center, the Middle of Nowhere Down Under. Laissez-moi vous raconter :

Arrivé à Adelaide, j'ai voulu me trouver un compagnon de voyage, via Gumtree qui permet aussi bien de trouver une voiture, un job, de l'électroménager ou un partenaire. C'est comme ça que je suis tombé sur Alon, un Israélien. Et comme tout Israélien il voyage après son service militaire : 3 ans pour les hommes et 2 ans pour les femmes. De service militaire, pas de voyage.

Breakfast in the Flinders
Wanna some yoghurt ? Or do you prefer the Nutino ?

Nous nous sommes alors rendu dans les Flinders Ranges, qui est une très vieille chaine de montagnes érodées au Nord-Ouest d'Adelaide. C'est ainsi qu'on a eu notre premier aperçu de l'Outback, entre peintures aborigènes, vieilles ruines et chemin non carrossable (en tout cas pas pour le White Wombat). Alon fut un partenaire fort intéressant et on a eu de bonnes discussions en tout genre, politique, religion voire culinaire ! Ce fut un contact très enrichissant, une nouvelle fois.

Maison abandonnée
Une vieille bâtisse de Blinman

Après qu'il s'en fut retourné à Adelaide, j'ai rencontrée Guillaume et Anne-So, deux Français dans un wicked campervan et comme nous avions le même itinéraire, nous somme partis ensemble le long de la Stuart Hwy. John McDouall Stuart est le type qui a mené 6 expéditions pour tenter de traverser l'Australie du Sud au Nord et aujourd'hui une route nationale suit une de ses traces.
Et c'est à ce moment que je me suis (vraiment) rendu compte de l'immensité du territoire, lorsque le GPS m'a indiqué le prochain virage dans 1024km.
Au menu, une station essence toutes les 150km, des Road Train, ces immenses camions tirant jusqu'à trois remorques, des vaches ou des kangourous se décomposant sur le bord de la route et un terrain plat parsemé de buissons secs à perte de vue.
Vous l'aurez compris, il n'y a pas grand chose à faire dans ce dramatique coin de l'Australie, hormis le musée des missiles (quelques essais nucléaires ont sévi dans le coin, sans remords pour la communauté aborigène vivant ici) et faire le plein dont le prix s'incrémente à chaque station.

Welcome to Glendambo
Glendambo, une station-relais le long de la Stuart Hwy

On y croise cependant passablement de retraités qui font leur tour de l'Australie, et généralement ils sont en 4x4 trimballant la caravane, avec parfois la barque sur le toit, les vélos à l'arrière et l'écran plasma dans le living room.
La plus grande ville avant Alice Springs fut Coober Pedy, considérée comme la capitale de l'opale. Plantée dans la partie la plus aride de l'Outback, les premiers colons débarquant de la première guerre mondiale construisirent leur habitation sous-sol. Un peu comme des maisons de hobbits mais en vachement moins poétique. Aujourd'hui on peut visiter les galeries d'opales, un ou deux musées et même les églises taillées dans la roche.

Catacomb Church, an underground church in Coober Pedy
Catacomb Church à Coober Peddy

Les locaux sont soit sur la défensive et peu amènes, soit chaleureux jusqu'à ce qu'on dise "Non, je ne suis pas intéressé à acheter vos foutues, mais néanmoins très jolie opales". Bref, ça change de la surf attitude
A 30km au nord, se trouvent curiosités qui valent le détour : The Dog Fence, une clôture de 5500km traversant 4 états et deux fois plus longue que la Grande Muraille de Chine, et les Breakaways. La première fut érigée pour tenir les dingos, les natifs chiens sauvages au Nord, à l'écart des moutons et du bétail au Sud. Patrouille, pièges et poisons sont disséminés avec pas tant de succès d'après ce que j'ai pu comprendre.

The Dog Fence, 5500km
The Dog Fence, la plus grande barrière jamais construite

Les Breakaways sont les vestiges de l'époque où une mer recouvrait les environs, avec le "mesa" au sommet dont les flancs érodés descendent jusqu'à la plaine qu'on connait aujourd'hui. Ce désertique mais spectaculaire décor se décline en nuance de banc, roux et ocre avec une végétation parsemée, réminiscence de la pluie du mois passé. Ici ont été tournés des films comme Red Plannet, Mad Max III, Priscilla, Queen of the Desert ou Ground Zero.

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The Breakaways

Depuis là, il restait encore deux jours de route avant d'atteindre l'objet de mon voyage, mon rêve d'enfant et le symbole de l'Australie : l'Ayers Rock, appelé à nouveau par son nom aborigène Uluru.
Au détour d'une colline, une grosse masse rocailleuse s'est détachée de l'aride plaine : il s'est avéré par la suite que c'était le Mt Conner, souvent confondu avec Uluru, mais l'excitation apparu et Uluru, le vrai, s'est révélé 80km plus loin. Nulle photo ne retranscrit l'immensité et la majéstuosité du roc, on a peut-être pu voir son image de nombreuses fois mais rien n'égal le spectacle sous nos yeux…
En fin d'après-midi, au soleil couchant, le rocher luit de son orange surnaturel avant de s'assombrir pour dormir. Les dégradés de couleurs dans le désert sont magnifiques, passant par toutes les nuances de jaunes, oranges, rouges jusqu'au bleu sombre. Lorsqu'Uluru se découpa en ombre chinoise dans la palette du couchant, les Kata Tjuta au loin, je su que je venais d'accomplir mon rêve.

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Pénombre sur Uluru - Kata Tjuta National Park

Il n'existe pas de mot pour décrire cette sensation, entre exaltation, ravissement et paix intérieur. Ce fut spirituellement intense et j'ai appris qu'on était en droit d'avoir des rêves et de se donner les moyens de l'accomplir. Et pour couronner ce moment magique et unique, la pleine lune, aussi rousse que les couleurs du Red Center se leva pile à l'opposé d'Uluru, venant nous saluer de sa forme parfaite.

Les Kata Tjuta se dressent à 35km de là, ou 5 jours de marche pour les Anangu, les propriétaires traditionnels des lieux. Signifiant "plusieurs têtes, 36 dômes s'élèvent du désert et proposent une magnifique randonnée au travers des couloirs formés entre les têtes, bien plus diversifiées que la marche autours d'Uluru. Je ne suis pas allé piétiné le somment, ni pris de photo des lieux sacrés conformément au voeu de la communauté locale.

Kata Tjuta - The Olgas
Kata Tjuta - The Olgas

A propos, je me sens toujours mitigé à venir visiter des lieux qui ont un aspect sacré et vénéré aux yeux des Aborigènes vivants toujours aux alentours. De même qu'on ne voudrait pas une horde de Japonais venant à un mariage ou un enterrement, je me sens irrespectueux d'arriver dans des lieux aussi symboliques en ayant aussi peu de connaissances sur la culture locale. Il est vrai que les vrais habitants de l'Australie ne partagent qu'une infime parcelle de leur savoir, ce qui est compréhensible : même entre eux, des secrets sont gardés entre hommes et femmes et seuls certains initiés, comme les Elders ont le droit de transmettre certaines histoires et légendes. C'est un peuple qui fut là avant les pharaons et qui transmettent leur culture de bouche à oreille, c'est pour cela qu'il existe si peu "d'art aborigène", ayant également renoncé traditionnellement à la possession matérielle.

J9 / La Carte Postale : Art aborigène
Peintures aborigènes

C'est une partie de ce que j'ai pu apprendre sur les Aborigènes, bien qu'il ne faut pas en faire une généralité de ces quelques 250 tribus différentes, chacune ayant leur culture, langue et rituels. Entre eux, ils ne se permettaient pas de traverser le territoire voisin sans en apprendre la langue, l'histoire, les lieux sacrés et les lois en vigueur. Une des parties la plus sombre du pays fut lorsque le Gouvernement autorisa à saisir les enfants métisses dans le but d'accélérer la disparition des Aborigènes et les plaçants dans des institutions ou des familles d'adoption en leurs interdisants même de parler leur langue pour les couper définitivement de leurs racines. Le Gouvernement formula des excuses en 2007.

Aujourd'hui je suis à Alice Springs et nombreux sont les Aborigènes qui errent dans la rue. Je ne sais pas quoi en penser, que faire et j'ai peine pour eux.

One of the brighter sunrise I've ever seen