mercredi 6 juillet 2011

Internet en voyage - comment rester connecté

De nos jours, rare sont les quelques bourlingueurs à voyager sans skyper leur petite amie, envoyer un mail aux parents et uploader quelques images sur facebook. Pour les autre, traverser le monde en restant connecté n'est pas un luxe mais est devenu une presque nécessité.
Les raisons -valables- ne manquent pas : emails, Skype, Facebook, e-ticket, réservations online, météo, itinéraires, couchsurfing, actualité, galerie photos en ligne, etc.
Je ferais l'impasse sur les prétextes superflus comme les jeux addictifs, les vidéos débiles, les séries en streaming, le porno ou toute autre activité virtuelle accessoire mais plus ou moins indispensable.

Il existe trois manières pour surfer sur le cyber-espace hors de la maison :

1. Profiter des ordinateurs publiques
La première solution est d'utiliser les stations à disposition, par exemple dans les cyber-cafés, les backpackers, et quelques lieux publiques comme les bibliothèques, aéroports, offices de tourisme ou même supermarchés. En Australie et Nouvelle-Zélande, il est relativement aisé de trouver un périphérique pour se connecter, mais parfois le matériel est désuet ou en mauvais état. A ajouter le prix relativement cher (compter 4 à 10 AU$ par heure) et la connexion pas toujours rapide.
Un autre inconvénient est de devoir s'identifier sur chaque compte, de se rappeler chaque adresse et d'avoir ses fichiers ou ses photos sur une clé USB.
Ici l'astuce pour se connecter à bon marché est que certaines agences de tourisme comme www.tribaltravel.com.au , www.peterpans.com ou www.oztravelbugs.com , présents dans chaque coin touristique, offre 20 à 30 minutes gratuites quotidiennes pour leurs visiteurs.

2011.02.04_Southland-17

2. Voyager avec son laptop
Une autre solution est de voyager avec son propre laptop ou netbook. A vue d'oeil, sur la côte est australienne, presque 50% des packpackers voyage avec son propre petit ordinateur. L'inconvénient est la place que ça prend, le poids que ça pèse et qu'il y a toujours le risque de se le faire dérober. Néanmoins rare sont les fois où je ne me suis pas senti assez en confiance pour laisser des valeurs dans le dortoir, auquel cas on les sécurisera dans un casier ou auprès de la réception.

2.1 Le wifi, ces ondes magiques
Ce n'est pas tout de posséder la machine, il faut encore trouver du wifi, ce qui est facile dans tout lieu touristique. Des fournisseurs comme Global Gossip en Australie permettent de se connecter dans des centaines de backpacks et cybercafés. La connexion se paye soit par quart-d'heure ou soit en choisissant un forfait journalier, hebdomadaire ou mensuel. Attention aux fournisseurs qui fixent une limite de temps, de data ou les deux en même temps (je déteste ça), ceux qui créditent par tranche minutée et vérifiez s'il est possible de se déconnecter et reconnecter sans perdre son crédit.
Trouver du wifi gratuit est moins facile, mais il est toujours bon d'essayer dans les établissements publiques comme les bibliothèques, écoles, musées, aéroports et les Apple Store. Autrement, le MacDonald et les Starbucks restent une valeur sûre malgré parfois un débit escargotesque. Mon astuce préférée reste cependant de dégoter un café cosy qui octroie généreusement le wifi : pour 4$, vous aurez un cappuccino et 1h à 1h30 d'internet (selon l'humeur de la patronne). Simple, essayez de spoter d'autres utilisateurs à la terrasse derrière un clavier.

Modem USB // Internet en voyage

2.2 Modem USB
Pour ceux qui ne veulent pas dépendre d'un hotspot wifi, il reste la solution du modem sous forme de clé USB. La plupart des compagnies téléphones proposent des plans prépayés, néanmoins le surf se paye par jour ou par limite de données. Il faudra se méfier de la durée de validité du crédit (entre 30 et 100 jours généralement) ainsi que la méthode de facturation des données : par tranche de 10Mb, c'est de l'arnaque !
Cette solution conviendra pour quelqu'un loin des accès wifi mais peut se révéler pratique : pas besoin d'attendre les heures d'ouverture, et possibilité de se connecter dans les lieux les plus improbable. Dans un parc au centre ville, dans la voiture, un café, peu importe l'environnement tant qu'il y a de la couverture réseau.

3. Smartphones et consorts
Mon iPod Touch est devenu un compagnon indispensable, notamment pour sa capacité à se connecter au wifi, relever les mails ou son application Maps (qui ne m'empêche pas de me perdre, mais permet de me retrouver). Ceux qui craignent ou ne veulent pas s'encombrer d'un notebook peuvent toujours surfer avec un smartphone ou un iPod Touch. Je mettrais les possesseurs d'iPad dans le même panier, bien qu'ils restent (encore?) rare chez les backpackers. Le consommateur de données sur mobile se trouvera bien souvent derrière un McFlurry, dans un Apple Store ou partout ailleurs grâce à la 3G.
Solution de dépannage, le confort d'utilisation n'est pas la première qualité de ces petits appareils, néanmoins leur format passe-partout et leur pluridisciplinarité (internet n'étant qu'une fonction parmi d'autres) ont font un allié remarquable pour une utilisation ponctuelle.

Voyager avec un iPod // Comment rester connecter

A présent, à chaque voyageur de trouver la ou les solutions qui lui correspondent le mieux, en fonction de la nature du voyage, de la destination et de la façon de voyager.
Lorsque je voyageais en bus, je me connectais souvent le soir en auberge de jeunesse sur le wifi à disposition. Depuis que j'ai acheté un van, j'ai dans un premier temps été un client régulier des cappuccinos dans les McDonald et des bibliothèques mais à présent que j'ai une clé 3G, je ne pourrais plus m'en passer. J'ai pu me connecter en bord de plage, au pied d'Uluru et ce à toute heure, tant que je suis dans la couverture réseau de mon fournisseur d'accès.

Par ailleurs, si vous connaissez d'autres moyens de se connecter pour pas cher, n'hésitez pas à partager vos astuces.

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Internet en voyage // Comment rester connecté

samedi 11 juin 2011

Northern Territory : Des termitières grosses comme les crocos

Je vous avais laissé à Alice Springs, la plus grande ville de l'Outback et première cité rencontrée du Northern Territory. La bas, j'ai embarqué Innes dans le van, une anthropologue jamaïcaine travaillant avec la communauté aborigène locale. Je vous avais dit combien je me sentais désemparé en voyant les indigènes errer dans la rue et grâce à Innes j'ai pu en apprendre un peu plus. Il fut un temps pas si éloigné où les Aborigènes étaient interdit en ville après 19h, exploités dans les fermes ou délogé de leur terre ancestrale pour élever du bétail à la place, privés de droits et non-considérés comme égaux face aux occidentaux. Ce qui a abouti en alcoolisme et violence domestique tout comme avec les Amérindiens. Innes s'occupe d'un programme d'activités extra-scolaire pour aider les jeunes Aborigènes à faire leurs devoirs, s'amuser et développer leurs capacités et leur confiance en eux, notamment au travers de la musique ou de la jonglerie.
C'est en bavardant que nous avons parcouru 1200km jusqu'à Katherine, en passant par les pittoresques Devils Marbles.

J23 / Lifestyle : The Grey Nomads
Camping au Devils Marbles

De là, je me suis rendu au Parc National de Litchfield, une centaine de kilomètres au Sud de Darwin. Le parc s'est rendu fameux pour ses termitières magnétiques et ses bassins sans croco (dépend de la saison et du tour de cuisse des baigneurs) au pied de chutes d'eau digne de pub Ushuaia. Non, il n'est pas possible de décorer les termitières magnétiques d'aimants comme sur la porte du frigo. Si on les appelle ainsi c'est parce que les petites bêbêtes ont construit leur demeure alignée suivant un axe Nord-Sud afin de thermoréguler l'intérieur en fonction du vent et du soleil. On dirait un vieux cimetière aux tombes croulantes.

J26 / Thème libre : Les Termitières Magnétiques
Les termitières magnétiques du Litchfield

Les termitières sont hautes d'environ 1m50, ce qui n'est rien comparé à un autre type de termites qui façonnent leur dôme culminant jusqu'à 6m ! De quoi se sentir petit à côté de ces insectes ! (Est-ce que ce sont des insectes ? Détrompez-moi)
Bien que le parc vaut le détour, je me suis senti un peu patraque ce jour-là. Je pense que c'était le contre-coup d'Uluru et Kings Canyon ainsi que 3 jours à rouler plein pot sur une route sans virage. C'est ça de réaliser ses rêves, mais comme m'a dit mon papa, l'important est de toujours en avoir de nouveaux.

Enfin, je suis rentré dans ma bonne humeur habituelle en arrivant à Darwin et retrouvant les Français Anne-So et Guillaume avec qui je voyage depuis Port Augusta ainsi que Nicolas, le vigneron de Bourgogne.
Darwin n'est pas grand mais c'est ici que j'ai été le plus impressionné par les souvenirs que l'on peut trouver, entre cuir de croco décliné en ceinture, porte-feuille ou sac à main et peintures aborigènes authentiques et certifiées.

Deux jours plus tard, nous avons fait route pour le connu et reconnu Kakadu National Park qui s'illustre au Patrimoine Mondial de l'UNESCO pour sa valeur naturelle et culturelle, avec des peintures rupestres aborigènes vieilles de 20 à 50'000 ans ! Les Pharaons n'avaient pas érigés leurs pyramides que les Aborigènes peignaient déjà des thylacines (aussi appelé diable de Tasmanie) et autres bricoles sur les murs.

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Art aborigène à Ubirr, Kakadu National Park

Aujourd'hui le parc est conjointement géré entre le Gouvernement Australien et les Indigènes, avec une entrée du parc à 25$ et des douches à chaque camping principal (10$ la nuit). Mais le parc vaut clairement une visite sur 3-4 jours, et même plus si vous avez un 4x4. L'attraction la plus célèbre est probablement Jim Jim Falls, une vertigineuse chute d'eau seulement accessible pendant la Dry, la saison sèche. Et cette année la Wet fut tellement wet que le chemin accessible uniquement en tout terrain restait impraticable début juin…
Néanmoins il reste de superbes endroits à visiter comme Ubirr dans l'East Alligator Region qui recueille des joyaux d'art rupestre comme la photo d'avant ou le lookout avec vue sur une plaine inondée pendant la Wet.

J30 / La Carte Postale : Kakadu NP
Couché de soleil sur la Nadab floodplain

Mais pour moi le site qui fait la différence se trouve à Gunlom. Après 37km d'une affreuse route gravillonnée qui voulait mettre le Wombat en charpie et mes nerfs en pelote se trouve une jolie chute d'eau d'une soixantaine de mètres. Le profond bassin formé à ses pieds recueille les baigneurs qui n'ont pas peur de faire face à un saltwater crocodile. Ces dangereuses bestioles pouvant atteindre 7m s'illustrent pour leur agressivité et contrairement à ce que fait penser leur nom, ces crocodiles des estuaires (l'autre nom donné) nage aussi bien dans les embouchures d'eau salée que les criques et billabongs de tout le nord de l'Australie, Sud-Est Asiatique et Inde. Et je vous assure que nager dans une eau verte qui vire bien sombre dans sa partie profonde fout les jetons. Tout mauvais nageur que je suis, j'ai pris le paris qu'avec la 50ène de baigneur quotidien (à vue de nez) qu'abrite Gunlom, ça aurait été pas de bol qu'un Saltie soit venu pendant la nuit, évité les pièges et qu'il ait faim juste à ce moment-là.

J29 / Thème libre : les crocodiles
Un bébé "saltie" (dans un aquarium)

Mais c'est tout de même avec bonheur et délectation que je suis sorti intact de l'eau avant de grimper à un des plus bel endroit du parc : le sommet de la chute d'eau. Après un petit kilomètre d'escalade, la rivière, avant de se jeter dans le vide, à creusé de jolis bassins (sans croco) qui forme comme des jacuzzis valant des millions avec une fabuleuse vue sur le contre-bas. L'eau délasse et la vue régale.

J33 / Scène de vie : Baignade à Gunlom
Le haut de la chute d'eau de Gunlom : bassins naturels et vue sans prix.

Si vous avez des sous à dépenser, quelques activités valent la peine comme un tour en avion en-dessus des Jim Jim Falls, une croisière pour voir les crocodiles sur la Yellow Water, acheter des souvenirs à la galerie de Warradjan Aboriginal Culural Centre ou, comme j'ai fait, un tour de nuit sur un billabong. Comme je ne me suis pas fait mordre et qu'aucun crocodile n'ai voulu pointer le bout de son museau, il a bien fallu payer pour les voir quelque part. On s'est donc rendu à Muirella avec les Français pour 3h d'activité avec la communauté locale, entre culture indigène, jet de lance, souffler dans un didgeridoo et pour finir, un tour en bateau à fond plat dans le billabong du coin. Notre guide aborigène était muni d'une grosse torche et pointait tout ce qui était digne d'intérêt.

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Tour de nuit dans un billabong, à la recherche des crocos.

On y a surtout vu des oiseaux qui dormaient dans les arbres, mais pour finir un crocodile, un saltie, un vrai (enfin, on a peut-être pas vu la ficelle qui le tirait) ! Un petit de 3m, mais on a fini par en voir un dans la nature ! Avec les yeux qui luisent et son long museau !

Après Kakadu, j'ai du faire mes adieux aux Français qui vont rallier la côte Est à bord de leur wicked tandis que moi je suis parti complètement à l'Ouest. J'espère que tout se passe bien pour eux, avec la direction qui tremble, les pneus usés à la corde et les autres fantaisies fournies par la plus populaire location de van en Australie.
Pour ma part, le Wombat a fièrement rallié les 300'000km d'existence et se porte toujours comme un charme.

J36 / Détail du quotidien : 300'000km, un score normal pour un van australien
300'000km, un score normal pour un van australien.

J'ai donc franchi la frontière du Western Australia, avec contrôle de quarantaine qui interdit l'importation de tout fruit, légume et même miel provenant d'un autre état (si un douanier me lit, j'ai fraudé une demi-gousse d'ail dans le rouleau de papier d'alu). Et soustrayez une heure et demi de moins au cadran. Hé oui, c'était agréable dans le NT, mais dans le WA le soleil se couche de nouveau à 17h. Foutus Aussies.

Allez, Perth n'est qu'à 4000km en ligne directe, fin du voyage Down Under dans un mois.

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J34 / Auto-portrait : En route pour Perth

jeudi 26 mai 2011

Dans l'Outback le long de la Stuart Hwy

Alors que s'est-il passé depuis que j'ai quitté les Grampians et l'état du Victoria ? Hé bien ça y est, je suis dans l'Outback, le Red Center, the Middle of Nowhere Down Under. Laissez-moi vous raconter :

Arrivé à Adelaide, j'ai voulu me trouver un compagnon de voyage, via Gumtree qui permet aussi bien de trouver une voiture, un job, de l'électroménager ou un partenaire. C'est comme ça que je suis tombé sur Alon, un Israélien. Et comme tout Israélien il voyage après son service militaire : 3 ans pour les hommes et 2 ans pour les femmes. De service militaire, pas de voyage.

Breakfast in the Flinders
Wanna some yoghurt ? Or do you prefer the Nutino ?

Nous nous sommes alors rendu dans les Flinders Ranges, qui est une très vieille chaine de montagnes érodées au Nord-Ouest d'Adelaide. C'est ainsi qu'on a eu notre premier aperçu de l'Outback, entre peintures aborigènes, vieilles ruines et chemin non carrossable (en tout cas pas pour le White Wombat). Alon fut un partenaire fort intéressant et on a eu de bonnes discussions en tout genre, politique, religion voire culinaire ! Ce fut un contact très enrichissant, une nouvelle fois.

Maison abandonnée
Une vieille bâtisse de Blinman

Après qu'il s'en fut retourné à Adelaide, j'ai rencontrée Guillaume et Anne-So, deux Français dans un wicked campervan et comme nous avions le même itinéraire, nous somme partis ensemble le long de la Stuart Hwy. John McDouall Stuart est le type qui a mené 6 expéditions pour tenter de traverser l'Australie du Sud au Nord et aujourd'hui une route nationale suit une de ses traces.
Et c'est à ce moment que je me suis (vraiment) rendu compte de l'immensité du territoire, lorsque le GPS m'a indiqué le prochain virage dans 1024km.
Au menu, une station essence toutes les 150km, des Road Train, ces immenses camions tirant jusqu'à trois remorques, des vaches ou des kangourous se décomposant sur le bord de la route et un terrain plat parsemé de buissons secs à perte de vue.
Vous l'aurez compris, il n'y a pas grand chose à faire dans ce dramatique coin de l'Australie, hormis le musée des missiles (quelques essais nucléaires ont sévi dans le coin, sans remords pour la communauté aborigène vivant ici) et faire le plein dont le prix s'incrémente à chaque station.

Welcome to Glendambo
Glendambo, une station-relais le long de la Stuart Hwy

On y croise cependant passablement de retraités qui font leur tour de l'Australie, et généralement ils sont en 4x4 trimballant la caravane, avec parfois la barque sur le toit, les vélos à l'arrière et l'écran plasma dans le living room.
La plus grande ville avant Alice Springs fut Coober Pedy, considérée comme la capitale de l'opale. Plantée dans la partie la plus aride de l'Outback, les premiers colons débarquant de la première guerre mondiale construisirent leur habitation sous-sol. Un peu comme des maisons de hobbits mais en vachement moins poétique. Aujourd'hui on peut visiter les galeries d'opales, un ou deux musées et même les églises taillées dans la roche.

Catacomb Church, an underground church in Coober Pedy
Catacomb Church à Coober Peddy

Les locaux sont soit sur la défensive et peu amènes, soit chaleureux jusqu'à ce qu'on dise "Non, je ne suis pas intéressé à acheter vos foutues, mais néanmoins très jolie opales". Bref, ça change de la surf attitude
A 30km au nord, se trouvent curiosités qui valent le détour : The Dog Fence, une clôture de 5500km traversant 4 états et deux fois plus longue que la Grande Muraille de Chine, et les Breakaways. La première fut érigée pour tenir les dingos, les natifs chiens sauvages au Nord, à l'écart des moutons et du bétail au Sud. Patrouille, pièges et poisons sont disséminés avec pas tant de succès d'après ce que j'ai pu comprendre.

The Dog Fence, 5500km
The Dog Fence, la plus grande barrière jamais construite

Les Breakaways sont les vestiges de l'époque où une mer recouvrait les environs, avec le "mesa" au sommet dont les flancs érodés descendent jusqu'à la plaine qu'on connait aujourd'hui. Ce désertique mais spectaculaire décor se décline en nuance de banc, roux et ocre avec une végétation parsemée, réminiscence de la pluie du mois passé. Ici ont été tournés des films comme Red Plannet, Mad Max III, Priscilla, Queen of the Desert ou Ground Zero.

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The Breakaways

Depuis là, il restait encore deux jours de route avant d'atteindre l'objet de mon voyage, mon rêve d'enfant et le symbole de l'Australie : l'Ayers Rock, appelé à nouveau par son nom aborigène Uluru.
Au détour d'une colline, une grosse masse rocailleuse s'est détachée de l'aride plaine : il s'est avéré par la suite que c'était le Mt Conner, souvent confondu avec Uluru, mais l'excitation apparu et Uluru, le vrai, s'est révélé 80km plus loin. Nulle photo ne retranscrit l'immensité et la majéstuosité du roc, on a peut-être pu voir son image de nombreuses fois mais rien n'égal le spectacle sous nos yeux…
En fin d'après-midi, au soleil couchant, le rocher luit de son orange surnaturel avant de s'assombrir pour dormir. Les dégradés de couleurs dans le désert sont magnifiques, passant par toutes les nuances de jaunes, oranges, rouges jusqu'au bleu sombre. Lorsqu'Uluru se découpa en ombre chinoise dans la palette du couchant, les Kata Tjuta au loin, je su que je venais d'accomplir mon rêve.

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Pénombre sur Uluru - Kata Tjuta National Park

Il n'existe pas de mot pour décrire cette sensation, entre exaltation, ravissement et paix intérieur. Ce fut spirituellement intense et j'ai appris qu'on était en droit d'avoir des rêves et de se donner les moyens de l'accomplir. Et pour couronner ce moment magique et unique, la pleine lune, aussi rousse que les couleurs du Red Center se leva pile à l'opposé d'Uluru, venant nous saluer de sa forme parfaite.

Les Kata Tjuta se dressent à 35km de là, ou 5 jours de marche pour les Anangu, les propriétaires traditionnels des lieux. Signifiant "plusieurs têtes, 36 dômes s'élèvent du désert et proposent une magnifique randonnée au travers des couloirs formés entre les têtes, bien plus diversifiées que la marche autours d'Uluru. Je ne suis pas allé piétiné le somment, ni pris de photo des lieux sacrés conformément au voeu de la communauté locale.

Kata Tjuta - The Olgas
Kata Tjuta - The Olgas

A propos, je me sens toujours mitigé à venir visiter des lieux qui ont un aspect sacré et vénéré aux yeux des Aborigènes vivants toujours aux alentours. De même qu'on ne voudrait pas une horde de Japonais venant à un mariage ou un enterrement, je me sens irrespectueux d'arriver dans des lieux aussi symboliques en ayant aussi peu de connaissances sur la culture locale. Il est vrai que les vrais habitants de l'Australie ne partagent qu'une infime parcelle de leur savoir, ce qui est compréhensible : même entre eux, des secrets sont gardés entre hommes et femmes et seuls certains initiés, comme les Elders ont le droit de transmettre certaines histoires et légendes. C'est un peuple qui fut là avant les pharaons et qui transmettent leur culture de bouche à oreille, c'est pour cela qu'il existe si peu "d'art aborigène", ayant également renoncé traditionnellement à la possession matérielle.

J9 / La Carte Postale : Art aborigène
Peintures aborigènes

C'est une partie de ce que j'ai pu apprendre sur les Aborigènes, bien qu'il ne faut pas en faire une généralité de ces quelques 250 tribus différentes, chacune ayant leur culture, langue et rituels. Entre eux, ils ne se permettaient pas de traverser le territoire voisin sans en apprendre la langue, l'histoire, les lieux sacrés et les lois en vigueur. Une des parties la plus sombre du pays fut lorsque le Gouvernement autorisa à saisir les enfants métisses dans le but d'accélérer la disparition des Aborigènes et les plaçants dans des institutions ou des familles d'adoption en leurs interdisants même de parler leur langue pour les couper définitivement de leurs racines. Le Gouvernement formula des excuses en 2007.

Aujourd'hui je suis à Alice Springs et nombreux sont les Aborigènes qui errent dans la rue. Je ne sais pas quoi en penser, que faire et j'ai peine pour eux.

One of the brighter sunrise I've ever seen

mardi 10 mai 2011

De Melbourne à la frontière du South Australia

Alors quoi de neuf depuis la Tasmanie ? De retour sur le continent, mon portable m'avait fait le déplaisir de tomber en rade. Si vous voulez toute l'histoire du SAV d'Apple, jetez un oeil au post précédent. Sinon, continuons l'histoire :
Après que le Valonneux s'en fut retourner à l'IMT bosser sur les projets que je n'ai pas fini, j'ai retrouvé Yannick qui s'est fait envoyé 2 ans par Bobst à Melbourne. Etant fraichement arrivé, il bénéficiait de l'appartement de location fourni par la boite, voyez plutôt la vue du 25e :

2011.04.20_Melbourne

Mais comme c'était trop confortable, on est parti passer le week end de Pâques sur Philipp Island. Philipp Island est une des destinations les plus touristiques de l'état du Victoria, notamment pour son GP moto et ses petits pingouins. Non, je ne parle pas des VIP qui regardent les motocyclistes, mais des vrais fairy penguins, les plus petits du monde qui se dandinent sur la plage à la tombée de la nuit.
En bons touristes, on s'est rendu à la parade des mignonnes petites bestioles, mais c'est tellement populaire qu'on est assis dans des gradins au bord de la plage avec une procession d'Indiens, de Japonais, d'Allemands et pleins d'autres passeports qui mangent du pop corn et qui chahutent pour mieux voir.
Heureusement, après une confortable nuit en camping sauvage, on s'est rendu au Pinnacles, une impressionnante et dramatique formation rocheuse, qui curieusement, n'attirait pas foule.

.. les Pinacles

De retour à Melbourne, et les déboires avec le portable continuant, j'en ai profité pour revoir de vieux amis qui se trouvaient dans les parages. Ca m'a fait du bien d'être avec des têtes connues, rencontrées à Brisbane ou pour Johannes, aux Whitesundays puis en Nouvelle-Zélande. J'espère qu'il pourra vendre son van avant de repartir en Allemagne. Si vous êtes à Melbourne avant le 21 et cherchez un van de luxe, j'ai l'homme qu'il vous faut ;)

Hanging out in Melbourne - Gonna miss you guys

Et la ville en elle-même n'est pas désagréable : même si elle ambitionne de détrôner Sydney en terme de population d'ici quelques années, j'ai trouvé la circulation très fluide et assez peu encombrée, loin du stress de Sydney CBD. Le centre reste de taille modeste et il est aisé de marcher tout du long, et même jusque dans les suburbs branchés et culturels, comme Fitzroy ou St Kilda. La plage est moins belle que celles qui jalonnent Sydney mais on a pu aussi aller observer les pingouins le long de la jetée, encore mieux que sur Philipp Island. Et même les dauphins sont venus dire bonjour au milieu du port. Un jour magique.

Melbourne

Une fois le MacBook réparé, on a filé le long de la Great Ocean Road avec Claudia, une amie mexicaine rencontrée à Brisbane. Prétendue comme une des plus belles routes côtières du monde, la route s'étire le long de la côte sur 250km, sur l'arrête de la falaise ou au milieu des forêt d'eucalyptus. Sérieusement, on en entend beaucoup parlé et j'avais peur d'être déçu, mais elle est vraiment belle. Au milieu se trouvent les 12 Apôtres, encore des cailloux dans l'eau. On en fait tout un foin mais j'ai presque trouvé les Pinnacles de Phillip Island mieux (et on peut grimper dessus).

2011.05.03_12 Apotres-17

Arrivé au bout, Claudia a du retourner à Melbourne pour commencer ces cours, et moi je me suis retrouvé une nouvelle fois tout seul. Qu'à cela ne tienne, je suis animé de ce désir d'aller voir l'Outback, je sens qu'il m'appelle. Mais comme il est quand même distant d'un ou deux milliers de kilomètres, il a quand même fallu faire un ou deux stops, comme dans les Grampians. Ce parc national fabuleux comporte des montagnes composées de sandstone, qui donne un allure volcanique à la roche. La première fois que j'ai vu la silhouette montagneuse, j'en revenais pas : on aurait dit deux vagues de roche au milieu de la plaine. Me voila au sommet du Mt Sturgeon.

J5 / Auto-portrait : Livin' On The Edge

Comme les noms des montagnes sont parfois un peu compliqué, pour les Mt Zero, Mt Abrupt ou Mt Difficult c'est facile (ah ah), mais pour les autres j'ai du trouver des rappels mnémotechniques. Comme penser à un chirurgien pour le Mt Sturgeon (surgeon en anglais), et pour le Mt Stapylton, ben je vous laisse deviner à quelle blonde je pense…
Cette bonne roche est aussi propice à la grimpe, et à 40km de là se trouve le Mt Arapiles (pas de nom mnémotechnique, je devais regarder sur une carte à chaque fois) qui est LE TEMPLE de la grimpe et du bloc en Australie, avec passé 3000 voies tout autours. Il n'a l'allure que d'un gros caillou, même pas tant haut, mais il est grimpable tout partout. C'est comme ça que je me suis retrouvé, une paire de chausson de location à la main, à trouver des partenaires sur place. Facile, il y a un campsite avec que des grimpeurs. J'ai donc sympathisé avec le groupe international avec qui j'ai fait un peu de bloc, et le lendemain j'ai rencontré Mark, un vieux californien de 61 ans avec qui j'ai fait de la voie.

J7 / Meet a Stranger : Mark

Première pour moi, on grimpe aux coinceurs, et plus haut que les 20m auxquels je suis habitué. C'est donc au milieu de la voie d'échauffement de 56m que je me suis fait assaillir par le facteur "What if" : "mais si le coinceur est mal coincé, mais si jai mal fait mon noeud de 8, mais si Mark m'assure mal…" Ce genre de détail qu'il faut prendre sur soi quoi.
Ensuite on a enchainé avec "Resignation", une superbe, que dis-je, magique voie de 96m en 4 relais. Niveau 15, soit 5+. Mais quand tu te retrouves sur l'arrête au 3e relais, 60m de haut, le bout le plus raide et difficile, c'est l'extase. L'adrénaline pure qui coule dans les veines !
Et l'ascension n'est qu'une partie du fun, la descente en est une autre : une fois en haut, il faut longer la corniche, puis descendre dans une grotte, se faufiler dans un étroit boyau avant de descendre en rappel. Magique je vous dit.

J6 / Lifestyle : A Bloc

Et depuis, je suis reparti. Hier, je suis rentré en South Australia. La frontière était en fait à un angle droit de la route, au milieu de nul part. J'ai jamais vu ça : il y a le panneau "Welcome in South Australia", puis il faut immédiatement prendre la bifurcation à gauche si on ne veut pas se retrouver sur un chemin de gravier.
Pour couronner le tout, ils ont un demi-fuseau de différence : une demi-heure en arrière. Et donc maintenant le soleil se couche à 17h30… C'est nul.
Et vivement que je monte au Nord, au chaud. Ce matin il faisait 5.1°C dans le van. Merci encore les trois sacs de couchage.

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2011.05.08_Grampians-12

jeudi 5 mai 2011

Défaillance du Disque Dur, que vaut le SAV d'Apple en voyage ?

2011.04.27_MBP-3
Petite mésaventure qui m'est arrivée au retour de Tasmanie. Une fois à Melbourne, mon MacBook Pro 13" m'a réservé une petite surprise, sans prévenir : après un freezage de l'écran, le redémarrage ne donnait qu'une icône d'un dossier avec un point d'interrogation au milieu.
Sueur froide, une recherche google m'indique une défaillance du disque dur, peut-être plus qu'une panne software et des réparations en vue. Je m'en vais le lendemain à l'Apple Store le plus proche, vous savez ce lieu branché avec plein d'iPad 2, d'iPhones, d'écrans super-lumineux et des vendeurs avec des pantalons slims, des coiffures bizarres et des lunettes de geek. Un peu ceux qui ont loupé l'ECAL en fait. Ou qui n'ont pas trouvé de débouché ensuite. Joke inside, j'aurais préféré faire l'ECAL que l'HEIG-VD...
'fin bref, le mec du Service confirme mes craintes, et m'informe qu'ils vont devoir changer le HDD, veuillez signer là comme quoi on est pas responsable si vos données sont perdues et qu'elles n'ont pas réapparues par magie sur le neuf.

Bon, la bonne nouvelle à ce niveau là c'est que l'ordinateur est à son 11e mois de garantie (l'appareil est enregistré dans la base de donnée Apple, pas besoin de retrouver un foutu papier à la con foutu à la poubelle avec le carton) et que j'ai miraculeusement voyagé en faisant des backups Time Machine sur mon Disque Dur Externe (DDE) de 1To, qui contient également toutes mes photos. Time Machine, je l'avais activé un peu par hasard quand j'étais passé sous Mac, et bien m'en a pris. Ce petit outil bien pratique sauvegarde tout, mais absolument tout ce qu'on fait sur la machine, depuis l'installation de logiciels, la création de fichiers jusqu'à l'historique de navigation. Des fois que vous avez surfé sur des sites cochons et que Time Machine fasse un backup avant que vous ayez effacé l'historique, ben vous êtes fiché, faite gaffe !

Enfin bref, ça m'a permis d'aller visiter les pingouins sur Philipp Islande l'esprit tranquille, sur de retrouver toutes mes datas. 6 jours plus tard (qui comptait 4 jours fériés avec le week-end de Pâques plus l'Anzac Day, qui tombe le lundi de Pâques mais qu'ils ont aussi férié le mardi, malin les Australiens), je suis allé chercher la bête d'aluminium brossé. Les deux Daniel de chez Apple m'ont changé le Disque Dur et j'ai lancé l'OS dans l'Apple Store puis lancé Time Machine pour faire le transfert.
Trente minutes plus tard, je fais peut-être l'erreur qui me coûte 4 jours supplémentaires. Ou c'est cette pomme qui a mal fait son boulot, je le saurais jamais… Toujours est-il, que pris d'impatience, je ferme le couvercle en me disant que je finirais ça plus tard.
Plus tard, j'ouvre le couvercle, mais plus rien ne bouge. Je reboot la machine, et OH MALHEUR ! De nouveau le maudit fichier au point d'interrogation…
Je commence à devenir frustré et remarche les 15 minutes qui me séparent de My Mac, où le gaillard me dit qu'il fallait pas interrompre l'opération, qu'ils sont pas mal occupés mais peuvent jeter un oeil dans 2-3 jours (mais allez vous faire foutre), ou acheter un DVD Snow Leopard pour réinstaller l'OS (mais allez vous faire foutre). Chose que je fais, pour finir, de mauvais gré mais j'ai vraiment envie de partir de Melbourne.
20 minutes plus tard, je suis de retour à l'appart, 40 minutes plus tard je commence sérieusement à fulminer : le Disque Dur n'apparait nul part et donc impossible de réinstaller ou réparer quoi que ce soit !!
C'est bouillonnant que je repart au Store, où c'est qu'il me sort la même rengaine comme quoi ils peuvent rien faire sous quelques jours. Bordel de merde. Moi qu'allait écrire un papier élogieux, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.

Au lieu de ça, je vais chercher le van et conduit jusqu'au gros Apple Store de Chadstone, le plus grand Mall de l'état du Victoria. Là bas, le "Genius Bar" est grouillant de monde, les vendeurs sont en bleu Schtroumpf avec la pomme du pêché brodée sur le torse et ont tous iPhone à la main.
Et là-bas, le système est différent, le gros geek à lunette me dit que si je veux qu'un mec du service technique jette un oeil, je dois aller sur un de leur produit avec un écran assez grand pour taper www.apple.com/au/chadstone et remplir le formulaire BZW82-truc pour obtenir un rendez-vous. Un de ses collègues a bien voulu jeter un oeil, et a fini par me remplir le fameux formulaire pour un rendez-vous le lendemain à midi trente. Super, j'ai passé une magnifique journée.

Jeudi, 12h30, une schtroumpfette valide mon rendez vous sur son iPad avant que le mec du service technique m'indique qu'ils vont rechanger le Hard Drive, le câble qui y mène et commander une nouvelle CPU juste au cas où. Coût de l'opération AU$ 999. A un mois prêt, je crois que j'aurais envoyé péter Apple.

Samedi soir, 19h53, le mec du Genius Bar m'indique que je peux chercher la bécane le lendemain matin.
Merci Time Machine qui m'a réinstallé toutes les données. Franchement si ça c'est pas top…

lundi 18 avril 2011

Les aventures de Reggie et Valonneux en Tasmanie

Alors que Reggie lance l'éditeur de texte dans la cuisine du backpack, Valonneux prépare les ptits ponches : Bundaberg rhum, lime, sucre roux et miel. On s'était dit qu'il fallait qu'on se prenne une cuite comme au bon vieux temps, et le mauvais temps en a donné le prétexte. Nous nous en excusons dès lors pour la suite du récit.
Valentin est un chouette fellow de 23ans, ex-collègue civiliste de Neuchâtel. Il avait émis le souhait de me rejoindre pendant mon voyage dans le Pacifique, et ses vacances ont coïncidé avec mon séjour en Tasmanie.
C'est donc un dimanche à Melbourne que je suis allé les chercher, lui et son sac à dos rempli d'affaire de randonnées. Il faut dire qu'il est venu pour ça (hop première rasade de ptit ponche, ah ouais ça c'est du bon) et que ça paraissait plutôt une bonne idée, à la base… (rire off - pause tim tam rhum raisin)
Mais commençons par le début de l'aventure, qui m'a vu ne pas trouver de caravan park libre à Melbourne et c'est donc dans un joli suburb à côté des poubelles, que sont venus ramasser les éboueurs le matin à 5h30, que nous avons passé notre première nuit. (2ème rasade)
Réveil matin -6h- on se réveille comme une fleur, un peu pâteux, et on se met en chasse direction la douche. C'est pas pour dire, mais après 26h de voyage, Valentin, il pue. Et le soir d'avant, notre incursion dans un caravan park s'est soldé par un échec devant la porte codée des sanitaires. Rebelote, les backpacks croisés en chemin, direction le port, ont des douches bien trop sécurisées. Valentin n'a même pas été foutu de séduire une germaine backpackeuse pour nous ouvrir les portes de… la douche. Du coup, on s'est retrouvé dans les toilettes publiques les plus glauques de la plage pour faire un brin de toilette. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà foutu à poil dans les toilettes publiques à côté du pissoir, mais ça fait bizarre. (On est content qu'il n'existe pas de photo de ce moment hors du commun - cheers)
2011.03.28_Devonport-5
A bord du Spirit of Tasmania
Le soir même, nous avons embarqué à bord du Spirit of Tasmania avec mon van, le White Wombat Mobile (Dobelyou Dobelyou Ême pour les intimes), avec cinq check de sécurité qui nous ont coûté les carottes, les oignons, et même les pelures de kiwi. Heureusement que nous n'avions pas de lance-roquette, de missile anti-char, de lance-flamme à design militaire ou toute autre imitation plastique caché sous le matelas, vérifié deux fois.
Après une nuit paisible dans les Ocean Recliners et un tour avec un security guard dans la cale pour chercher les kiwis dans leur pelure, le fromage et le produit pour lentilles, nous avons débarqué à Devonport. Tassie, nous voici !
Le petit-déj enfilé au bord du canal, nous avons parqué WWM en ville pour faire la tournée des magasins de montagne. Nous y avons trouvé une superbe tente en solde, une fuel stove de 80g, 20m de corde, une natte de sol et quelques menus accessoires du même acabits. En revenant au van, la police avait laissé une prune de bienvenue : The 1st offence is free, Enjoy your hollidays.

Over Deloraine_
Coucher de soleil sur Deloraine
Ce yoplait à la mangue est un pure délice velouté. Encore plus que mes trois sacs de couchage (voir plus loin).
La Tasmanie est la plus grande île au sud de l'Australie (qui est la plus grande île au nord de la Tasmanie…) (et voila qu'on se tape notre premier fou rire, on tient déjà plus après 4 rasades de rhum). La Tasmanie est donc une île plate au sommet le plus élevé à 1600m où il est facile de se taper du dénivelé pentu et descendu dans les deux sens. 40% du territoire national est protégé, la moitié inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, Tassie reste ainsi une vieille fille passablement farouche. L'autre moitié compte 450'000 habitants, pour 1.5x la superficie de la Suisse. Ici, le climat est soit pluvieux, soit humide. Parfois, les deux en même temps, particulièrement quand il pleut.
L'inconvénient est que même en sachant tout ça, Valentin a voulu venir y randonner. (et qu'en plus c'est pour y passer 3/4 de ses vacances annuelles - hop un tim tam pour la route)
Départ du Road Trip pour Stanley - The Nut. Régis a vu un gros vieux caillou plat dans l'eau, témoin de la formation de l'activité volcanique d'un autre temps, il a donc voulu absolument le prendre en photo. Résultat des courses, on a fait du strobisme dans une vieille ruine abandonnée, moins vieille que le caillou, mais toujours plus vieille que nous deux réunis. (et si elle n'était pas abandonnée, ce ne serait pas une vieille ruine abandonnée).

2011.03.29_Devonport-32
La vieille ruine abandonnée (qui ne serait pas abandonnée blablabla)

Ensuite, Valentin m'avait parlé d'un projet qui me semblait un peu fou : la South Coast Track. Retenez bien ce nom, il va revenir un peu plus loin. En gros, c'est une petite randonnée en bord de plage de 7 à 9 jours sur 85km tout au sud de l'île. Là où il fait souvent pluvieux et humide à la fois.
Anyway, on s'est dit qu'il fallait tester la tente d'abord et notre capacité de survie dans la nature à la Man vs Wild. Donc, direction le Cradle Moutain Park, départ de la non moins célèbre Overland Track dont la première étape fait environ 5h de marche. Un truc de petit zizi, on se lance pour un tour panoramique de 7h20 dans le drizzle, cette petit pluie toute fine qui mouille jusqu'à l'os. (Valentin, sers-moi un autre tit ponche)
2011.03.31_Valentin_Tasmanie
Entre deux drizzles à Cradle Mountain
Walls of Jerusalem - L'aventure commence ici
Trop facile, nous décidâmes donc de tester la tente aux Walls of Jerusalem, une région alpine formée par le retrait d'un glacier, avec hauts plateaux marécageux, lacs (nommés ainsi quand le marécage est trop grand) et une météo capricieuse. (santé ! Deuxième tit ponche).
Le Walls of Jerusalem National Park est l'un des moins fréquenté, et donc plus préservé (si on ne parle pas de la South Coast Track…). Par conséquent, l'unique accès au départ des randonnées se fait sur une unsealed road de 19km que nous avons fait avec la jauge d'essence sur réserve. C'était l'aller. Ensuite, préparation du sac, hyper motivé, temps au beau fixe (il ne pleuvait presque pas), on a commencé l'ascension - 600m à 1100m en 4km, et là…. il a commencé à drizzler sec, ou plutôt très humide. Ca nous a poursuivi jusqu'au campsite. Là, le courage nous gonflant encore la poitrine, nous avons bravement décidé de continuer jusqu'aux Walls. 200m plus loin, on faisait demi-tour… No way. Trop humide et un vent à décorner les opossums, la preuve on en a pas croisé un avec des cornes. Retour au campsite, et c'est là! que la vraie aventure commence. Pitcher la tente sous une shower de malade, entre les toilettes (seul endroit presque sec à 10km à la ronde) et la plateforme pour la tente en bois si peu dure. Le drizzle nous ainsi poursuivi, pour le montage, pour le souper, le brossage des dents et même pour le pipi avant le dodo. Entre-temps, un possum décorné et affamé a volé le cornet poubelle en faisant un tintamarre d'enfer des boites de thon vides digne des trompettes de Jericho à travers les Walls of Jerusalem.
Le matin, 5h, 0°C, une fine pellicule de neige nous attendait à la sortie de la tente, du coup, popote dans la tente.

2011.04.01_Valentin_Tasmanie
Thé du matin, fait meilleur dans 3 sacs de couchage

Après avoir réparti le fond du muesli parcimonieusement d'un maladroit coup sec dans la tente plutôt que dans le bol, le plus dur a été de renfiler les chaussettes trempes plus les chaussures trempes et glacées. Dépitchage frigorifique, on a poursuivi l'ascension jusqu'au Temple de Solomon, le sommet voisin du Mt Jerusalem. Sentier ventu, partiellement enneigé, la vue au sommet était saisissante, malgré la brume qui recouvrait une partie du paysage.
Arrivé au van après les 5h de descente, Murphy nous a poursuivi jusqu'à ne plus pouvoir démarrer le van… On a refait le plein d'huile (qui fuyait), du liquide de refroidissement (qui fuyait), gratté les contacts de la batterie (qui étaient corrodés), mais rien… Il a fallu l'intervention d'un local barbu et d'un push-start en descente pour qu'enfin on puisse repartir. 5km plus loin, on utilisait les 5l de secours pour rallier la pompe la plus proche. Là, on était prêt pour la South Coast Track. (Valentin dit que ces Australiens sont quand même les seuls blaireaux à vendre des biscuits par paquet de 11, qui est un nombre premier… Moi j'en ai compté 9, qui n'est pas un nombre pair pour autant. Surtout quand on est deux)

Walls of Jerusalem, petit matin, 0°C
Dans le Walls of Jerusalem National Park
South Coast Track - La veille

On est arrivé à Hobart, Valentin a acheté les billets d'avion qui vous nous emmener à Melaleuca, on est repassé à Mountain Design et Kathmandu acheter des guêtres, des chaufferettes pour les mains, des pantalons de pluie et la bouffe pour 7 jours de trek plus un jour de sécurité. Au menu :
-petit-déj : muesli agrémenté de fruits confits et fruits secs, à manger tel quel ou humidifié avec le thé matinal.
-lunch : une boite de thon avec des biscuits.
-souper : un paquet de nouilles chinoises.
-snacks : barres muesli
-extra : un paquet de cookies, un paquet de sucre, une plaque de choc pour le réconfort.
Dernière nuit de sommeil dans le backpack avec des Taiwanais qui ont fait la nouba dans la chambre d'à côté jusqu'à 2h du mat.

2011.04.04_Tasmania-3
Muesli, thon, biscuits et nouilles chinoises !

South Coast Track - Jour 1 : Melaleuca - Freney Beach // 4h & 367m de dénivelé

L'avion, coucou 9 places (peut-être 8, mais après le coup des biscuits, on est plus sûr) a été retardé de 4h pour problème technique. Que cela ne tienne, on arrivera en principe avant la tombée de la nuit. Pesée du sac : 19.3kg. C'est moins que les 20 autorisés mais ça va faire lourd ! Qu'est ce que j'ai bien pu prendre en trop ? Peut-être deux sacs de couchage. (Hé ben oui, Reggie est un petit frileux et Valentin un sale égoïste qui n'accepte personne dans son sac de couchage. Résultat, trois sacs de couchage une saison feront bien l'équivalent d'un sac trois saisons. Espérons qu'on ne tombera pas sur celle qui manque…)
14h20, on décolle enfin. Hobart défile sous les ailes puis les forêts passent de bien entretenues à franchement sauvages. L'avion se profile entre des pics effilés mais le ciel est bleu avec juste quelques moutons.
35min plus tard, on atterrit à Melaleuca. On est au milieu d'une grande plaine avec une piste d'atterrissage et deux cabanons. Rien d'autre.
Notre pilote nous tend la bouteille de gaz et nous dit : South Coast Track : that way. Good Luck.

Première étape tranquillou, 4h de marche le long d'un sentier ma foi encore plutôt bien entretenu, ce qui n'a pas empêché notre Reggie national de se vautrer sur une planche glissante. Première et unique rencontre sur le tracé, un vieil ermite en pyjama (?) qui cherchait son chien que nous avons supposé consommé à la broche quelques jours plus tôt sur la Port Davey Track dont il revenait après qu'il eut bouffé toutes ses croquettes. On se réjouit de la suite. Arrivée de justesse pour le coucher de soleil sur Freney Beach. Ce sera tout pour aujourd'hui, exclu de marcher plus longtemps, d'ailleurs le campsite local est une pure merveille au bord de la plage.

Freney Beach - South Coast Track
Coucher de soleil sur Freney Lagoon

South Coast Track - Jour 2 : Freney Beach - Louisa River // 7h & 860m de dénivelé

Lever aux aurores pour profiter d'un lever de soleil brumeux mais magnifiques et départ direction la Louisa river que nous espérions atteindre en 5h environ. Mais c'était sans compter sur les talents hors pairs de traducteur de Valonneux le merdeux qui nous a fait perdre 1h sur une plage (comme si on pouvait faire autre chose que la suivre) en supposant que le chemin devait repartir inland… Mais oui on l'aime... 7h plus tard, arrivée dans les Louisa Plains avec les lumières du crépuscule, à ce moment, Valentin lança:
- Hé, c'est Vallonneux par ici !
- Enchanté, moi c'est Reggie :)
C'est avec nos nouveaux surnoms que nous franchîmes à gué nos trois premières rivières rouges sang (il existe par ailleurs un proverbe chinois qui dit que lorsque la rivière coule rouge… mais ça on se le garde pour  le 5e jour). Arrivée au campsite avec les derniers rayons de soleil, nous faisons la rencontre de Julie et John, un sympathique couple de retraités bushwalkers, mais plutôt bien expérimentés et d'Ashley, un sympathique courtier en banque, ex-officier un brin sûr de lui-même… Il parait que les bons s'enfilent les deux premières étapes en une, mais nous, sur ce coup là, on a fait les petits zizis.
Louisa Plains_
Valonneux le Grand Explorateur, par Reggie
South Coast Track - Jour 3 : Louisa River - Deadman's Bay //  7h50 & 1300m de dénivelé

On a fait le plein de muesli sec aux fruits secs pour l'étape réputée la plus dure du tour, la fameuse ascension puis redescente de l'Ironbound Range. Profil présumé : 0->967->0m sur 13km. Dans les faits, ça monte sec au début, ça descend plutôt mouillé sur la deuxième partie. La montée s'effectue de bon matin, sous un soleil providentiel par des températures des plus agréables. Nous y rattrapons rapidement Ashley l'ex-GI qui est à la peine avec son sac militaire (3,5kg à vide) et ses 4 litres d'eau. Ralalah, ces militaires, c'est plus ce que c'était. Se faire dépasser de la sorte par deux civilistes même pas en uniforme… y en a des qui qui(si si, ça se dit, je vous jure) se sont fait harakiri pour moins que ça ! Après une ptite pause cookies au sommet, nous entamons la descente qui s'avère rapidement devenir scabreuse, puisque cette dernière s'effectue dans le lit d'une petite rivière boueuse et glissante de 50cm de large et pentue à 45°. Résultat des courses : 3h pour monter, 4h50 pour descendre. Les 967m de dénivelé se sont finalement transformés en 1300m à force de monter et redescendre dans ces rainforests qui décidément ne savent pas ce qu'elles se veulent. Arrivée au Campsite de Deadman's Bay vers 16h où l'on retrouve nos deux retraités qui ont poutzé cette étape en juste 30mn de plus que nos 7h50. La dèche. Ashley nous y rejoindra une bonne heure plus tard, crevé mais heureux. Pitchage de tente liquidé en deux temps trois mouvements, un ptit coucher de soleil sur la baie pour la route et c'est l'heure d'un souper autour du feu. (Hop, 3ème round et fin de la bouteille de rhum… on a vraiment sous-estimé nos capacités!)

2011.04.07_South Coast Track-12
Ce matin, on était au bord de la plage. Ce soir, on y a sera à nouveau...


South Coast Track - Jour 4 : Deadman's Bay - Osmiridium Beach // 6h & 1540m de dénivelé en bord de mer…

3e jour que je renfile des souliers humides… C'est moche à dire mais je rêve des KS de l'armée, bien plus étanches que ces espèces de rythmiques. Soleil toujours radieux qui va se transformer en plomb le long des 4km de Prion Beach. 26°C au sud de la Tasmanie, c'est du jamais vu, dire que plus bas, c'est le Pôle Sud… Au bout (de la plage, pas du Pôle Sud) se trouve le fameux boat crossing, avec un bateau qu'il faut laisser à chaque bout de la rivière, fort heureusement pas en crue, ce qui nécessite 3 voyages avec le remorquage d'un des bateaux au milieu. Bons diables que nous sommes (pas comme le Diable de Tasmanie qui ne daigne nous montrer que ses traces et pas même le bout de son museau cancéreux), nous avons avons pagayé pour tout le groupe (avec une classe et une technique dirons-nous … particulières). Ce qui nous vaudra quand même une plaque de chocolat, ô luxe suprême. 
Ensuite, nous avons poussé jusqu'au second campement proposé de l'étape, au travers de la fameuse boue tasmane (en Tasmanie, la boue est très à la mud). Moi qui avait réussi à sécher mes chaussettes sur la plage, c'est partie remise. Vivement l'outback et ses 45°C à l'ombre.
De plus, on ne sait pas comment, mais on s'est tapé plus de dénivelé que la veille, ce qui se ressent dans les guiboles.

2011.04.08_South Coast Track-9
Sur les traces des Wallabies et autres Diable de Tasmanie

South Coast Track - Jour 5 : Osmiridium Beach - Granite Beach // 4h & 350m de dénivelé

Jour tranquille si je n'avais pas envie de chier dans mon sous-vêt' thermique toutes les 5min. Heureusement, les toilettes avaient la vue la plus imprenable de tout le campement sur le levé de soleil. A propos, que disait-on du proverbe chinois…? Mais quelques micropurs et deux-trois immodium viendront à bout de mes besoins les plus pressants. Après 4h de marche aisée, le campsite de Granite Beach se mérite après une petite ascension le long de la falaise niveau 4C sur les rochers rendus glissant par la cascade. Pitchage de la tente juste avant le drizzle, ça liquéfiera non pas mes selles mais la boue de demain, à la profonde réputation (au moins jusqu'à la taille). On se prépare psychologiquement en cuisinant nos délicieuses nouilles asiatiques (on pourrait sûrement écrire un papier dans "Nature" rien qu'avec le Benchmark des différentes saveurs et qualités vendues chez Coles…) bouillies à l'eau tannique de la source toute proche. 

Granite Beach - South Coast Track
L'arrivée au campsite le 5e jour se mérite...

South Coast Track - Jour 6 : Granite Beach - South Cape Rivulet // 9km, 6h & 600m de dénivelé dans la boue

Et c'est parti pour la pataugeoire. Le cerveau s'est mis en mode "j'y couperai pas" et saute à pieds joints dans le bourbier. Tant pis pour les sangsues et les mollets détrempés. Heureusement, Gaston le bâton me sauve la mise à plusieurs reprise, jusqu'à ma glissade dans la mare - flouch je m'en fout partout. Gaston le bâton est rebaptisé Muddy Stick pour l'occasion. Mais finalement, l'étape ne fut pas aussi pénible que prévue, jusqu'à la South Cape Rivulet qu'il ne faudrait pas franchir à marée haute. Qu'à cela ne tienne, nous on ne veut point se languir de ce côté-ci de la rivière. Hop, traversée avec de l'eau jusqu'aux bijoux. Seul mon sac (à dos, rhôôô quoi mais arrêtez) a fait mouillette, merci Valonneux. A nouveau, pitchage de la tente 15min avant la pluie de l'après-midi. On est trop fort.

2011.04.07_South Coast Track-36
Mes pieds furent secs seulement 2 jours sur sept...

South Coast Track - Jour 7 : South Cape Rivulet - Cockle Creek // 3h26 & presque plat.

La fin du sentier devient plus touristique, néanmoins la pluie de la veille à rendu les 4 premiers kilomètres franchement détrempés et glissants - avec 5j sans pluie, on désespérait de voir le "vrai" South Coast Track. Ben une semaine comme ça, on l'aurait chié grave ! (aller chercher les autres récits sur google, nous est de sacrés touristes comparé à eux).
Que cela ne tienne, on a enfilé le tracé en moins de 3h30 ce qui nous monte à presque 40h de marche (une tite semaine de boulot, enfin, je dis ça, mais depuis 6mois… je glande pas grand chose), 85km et 5000m de dénivelé dans les deux sens. Pas mal pour des touristes en sac à dos.
Arrivée à la civilisation (une toilette avec un vrai trône, un poste de rangers déserté, 2 Français et une grande quantité de moustiques encore plus nuisible), on en profite pour finir les boites de thon et jouer à notre jeu préféré après une semaine sans rasoir : Je te tiens- tu me tiens par la barbichette (finalement toujours aussi imberbe le Reggie, quand est-ce qu'il aura du poil au menton…) - le premier qui rira - tarte à la fraise. On vous laisse voter le perdant...





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Reggie & Valonneux

Bon allez, c'est pas tout de rigoler, mais il fait faim maintenant.  On va se grailler une bonne casserole de pasta à la sauce tomate, avec champi de la Tasma, carotte, du Rosmary tuna qui a survécu à la South Coast Track, mais qui ne tiendra pas plus longtemps face à l'appétit de deux ivrognes et des herbes à l'italienne pour rehausser la sauce barilla. Bonn ap'